Dernières infos

Candidature unique : La bombe à retardement !

Candidature unique : La bombe à retardement !

C’est l’autre bombe à retardement qui risquera certainement, si on y prend garde, de morceler l’opposition, opposer les opposants et par ricochet, ouvrir le boulevard… de la République pour Alpha Condé. La candidature unique soutenue par Sydia Touré est pourtant loin d’intéresser Dalein et Kouyaté. Si les uns estiment que la candidature unique est la seule arme efficace qu’il faille, d’autres pensent qu’il y a bien des préalables à cela.

« Le président de l’UFR l’a présentée (candidature unique, NDLR) comme un moyen selon lui pour battre Alpha Condé aux prochaines présidentielles. Il n’est pour autant pas fermé à d’autres propositions à condition que la stratégie soit claire pour éviter de nouvelles désillusions tragiques. A cela, je suis entièrement d’accord. Par ailleurs je vous précise que j’ai eu des échanges allant dans le même sens avec El hadj Cellou», témoigne Bah Oury, suite à la rencontre qu’il a eue avec le président de l’UFR, à Paris.

Mais déjà, Sydia Touré avait déclaré : « Est-ce que les ambitions personnelles ont beaucoup plus d’importante que l’intérêt supérieur de notre pays, dans les circonstances actuelles ? Je ne pense pas qu’un leader politique en Guinée, ne soit pas d’accord qu’il y ait une candidature unique si ça lui profite, je n’en vois pas. La question est de savoir, quel est le meilleur moyen d’assurer l’alternance à notre pays ? Est-ce que les ambitions personnelles ont beaucoup plus d’importante que l’intérêt supérieur de notre pays, dans les circonstances actuelles ? Quand je dis que la Guinée est en retard,

c’est quelque chose que vous remarquez tous les jours en vous levant. Nous devons arrêter d’ergoter sur les questions politiciennes, sur les questions ego-personnelles pour savoir en tant que politiques, qu’est ce que nous comptons apporter à notre pays. Je vous assure, il n’y a pas d’autres solutions actuellement que de changer le leadership en Guinée. C’est la question essentielle et la plus importante. » L’UFR risque d’être déçue. En effet, dans une interview qu’il a accordée à L’indépendant, le président du PEDN est plutôt tranchant : « Même si nous n’avons qu’un candidat, il sera battu si cet arsenal » de fraude n’aura pas été démantelé.

Selon lui, « Ce n’est pas une question de candidature unique pour l’instant. Quand les mécanismes préélectoraux et le déroulé électoral le jour du vote reprennent les pratiques des législatives, la défaite des candidats de l’opposition, fût-il unique, est quasiment inévitable. Une fois tout cela démantelé, alors le débat peut commencer autour de la candidature unique. » Il se réserve néanmoins de donner la position de son parti et la raison est simple : «On n’a pas planché là-dessus, on pense que c’est prématuré d’en discuter. Mais ce qui est sûr, ce qui est important, c’est d’abord de démanteler l’échafaud que ce gouvernement est en train de mettre en place pour passer haut la main. »

Il risque de faire mal aux tenants de la candidature unique. Or, « On ne maîtrise rien, ni la liste électorale, ni le fonctionnement de la CENI. Inutile de penser aller vers une Cour suprême qui a montré ses limites par le précédent déni de justice. Alors comment voulez-vous que ça se passe ? On est dans la dictature, c’est tout. » Ce n’est pas tout. Comme pour briser le rêve, Dalein tranche : «Je ne vois pas la faisabilité d’une candidature unique de l’opposition dès le premier tour. Si on doit pouvoir choisir un candidat unique sur une base objective, peut être qu’on ne peut pas l’exclure. Nous ne sommes pas habitués à ce genre d’alliance dès le premier tour du scrutin à deux tours. » Dalein Diallo n’avait jamais autant été tranchant sur les antennes d’une radio locale en Guinée. Il avait en effet souvent éludé la question de candidature unique, arguant qu’elle n’a jamais été discutée entre opposants. Aujourd’hui, sa position est claire : au premier tour pas question de candidature unique. Et de le justifier : « Partout, en Afrique, ce que nous avons observé, ils partent tous aux élections au premier tour. Ceux qui souhaitent l’alternance, ils se mettent d’accord pour soutenir celui qui serait bien positionné au premier tour. Il passe au deuxième tour contre le président sortant. »

Quitte à en discuter enfin, au lieu de le dire dans la presse. Du moins, si ces opposants prennent écoutaient leurs militants respectifs.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

About The Author

Related posts