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Campagne électorale : quand Alpha Condé parle d’autosuffisance alimentaire

Campagne électorale : quand Alpha Condé parle d’autosuffisance alimentaire

« L’engrais et l’outillage agricole à la disposition des paysans a permis un accroissement notable de la production qui est passé pour le riz de 1,5 millions de tonnes en 2009 à 2 millions de tonnes en 2014. Le riz du pays, autrefois rare et cher, est devenu aujourd’hui abondant et à un prix abordable dans les marchés des villes et des villages de notre pays. Les terres cultivables, hier abandonnées et en jachère, sont redevenues des maraichers fertiles et des plantations fécondes en fruits. » Un long extrait du discours du candidat Condé. Il est bourré de contre-vérités. Juste un rappel…

On vit vraiment avec un régime d’imposteurs. Autosuffisance alimentaire. Saviez-vous ce que c’est ? C’est en effet avec ce slogan creux qu’Alpha Condé a tenté de soûler les Guinéens qui l’ont cru. A l’épreuve du pouvoir, quatre ans après. Les lignes n’ont pas bougé. Le gouvernement avait misé –avec beaucoup d’amateurisme- sur l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire, « dans un délai de trois ans. »

Seulement, avec le mauvais cheval qu’il a enfourché, ce gouvernement-là est en train de rêver. Lors de sa toute première déclaration de la politique générale du gouvernement, le Premier ministre en a rappelé les péripéties. Le même leurre. A ce jour, on importe encore et toujours du riz. C’est du moins l’aveu d’impuissance affiché ce 1er mai par Alpha Condé lui-même : « Nous avons trois régions qui peuvent rendre la Guinée autosuffisante sur le plan alimentaire. Pourquoi nous importons 300 000 tonnes de riz par an ? » A lui de répondre à la question parce que c’est lui qui a promis monts et merveilles aux Guinées. Mais il préfère accuser et remonter dans l’histoire des colons.

Comme toujours d’ailleurs : « Les cadres guinéens auraient dû savoir que le gouverneur Rolland Pré avait fait un plan de développement, qui aurait permis à la Guinée d’aller très loin. Lorsqu’il a constaté que la France allait perdre la guerre d’Indochine, il avait décidé de faire de la Guinée le grenier de l’Union française. Le colonisateur français avait fait toutes les études pour le barrage de Konkouré. Tous les plans étaient prêts, y compris les aménagements agricoles. Mais les conditions dans lesquelles nous avons pris l’Indépendance ont amené le gouvernement français à avoir une attitude totalement contraire à toute forme d’humanité. Ils ont emporté les plans. » Ne savait-il pas tout ceci, lorsqu’il faisait des vœux pieux ?

De toute évidence, quelque 2OO milliards GNF avaient été engloutis dans une campagne agricole de 2011 des plus poussives parce que mal pensée. Les années suivantes, la même ferveur a accompagné la politique du Chef de l’Etat. Et des loups tapis dans le gouvernement avaient fait la fête avec les intrants et d’autres surfacturations que Condé lui-même avaient dénoncés et menacé de faire tomber des têtes.

Fausse alerte ! Juste pour dissuader. Mais le mal avait été déjà commis. Or l’objectif était selon un confrère, « de réduire de 100 mille tonnes par an l’importation du riz qui était à plus de 300 mille en 2010. Et en principe, l’importation des 300 mille tonne de riz devrait connaitre son épilogue au terme de la campagne agricole 2013. Seulement voilà, les fruits n’ont pas tenus la promesse des fleurs. L’importation du riz malgré les trois campagnes agricoles de 2011,2012 et 2013 n’a pas été freinée. » Une complaisance qui a fini par gripper la machine. Selon des indiscrétions, les campagnes agricoles à contre-saison n’ont rien changé.

Récemment, Les cinq Préfectures qui composent la région de Kankan se sont partagé 43 milliards GNF au compte de la loi rectificative du budget 2014. Le budget alloué à la seule région administrative de Kankan est deux fois supérieur au budget totalisé de toutes les autres régions du pays (19 milliards 880 millions GNF) : Labé 2 milliards GNF et Mamou 880 millions GNF est inférieur au budget de la région de Faranah 3 milliards GNF. Certains estiment que la répartition est mal faite d’autant plus que la région de Kankan est loin d’être celle qui produit de plus par rapport à la Forêt et à la Basse-côte, dans la moindre mesure, à Mamou (Timbi Madina avec la pomme de terre).

Ce qui revient à dire que l’autosuffisance alimentaire promise, est loin d’être vécue par les Guinéens. En tout cas, ce ne serait pas sous le magister d’Alpha Condé où amateurisme prend le dessus sur tout.

Jeanne FOFANA, www.kababachir.com

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