Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana unissent leurs forces pour lutter contre le swollen shoot

Le conseil Café Cacao et le Ghana Cocoa Board ont lancé conjointement un vaste programme de lutte contre le swollen shoot, une maladie virale incurable qui fait des ravages dans les plantations de cacao.

La Côte d’Ivoire et le Ghana ont franchi une nouvelle étape le 23 août dans la mise en œuvre de leur stratégie commune en matière de cacaoculture. Après l’accord de principe conclu le 13 juin dernier entre les deux pays pour tenter de peser sur les cours internationaux d’or brun, c’est cette fois sur le sujet du swollen shoot, la maladie qui décime les plantations de cacoyers, qu’ils se sont entendus.

Yves Brahima Koné, le directeur général du conseil Café Cacao (CCC) et son homologue ghanéen, Joseph Boahen Aidoo, du Ghana Cocoa Board (Cocobod) ont fait le déplacement jusqu’à Pilla, dans l’ouest du Ghana, puis à Manzanouan dans l’est de la Côte d’Ivoire, pour lancer les opérations.

Dans un premier temps, 10 000 hectares de plantations devraient être arrachés côté ghanéen. « C’est le seul remède pour éviter la propagation du virus », a confié à Jeune Afrique le patron du Cocobod, qui estime à  17 % la proportion du verger ghanéen atteinte par la maladie.

La recherche mise à contribution

Côté ivoirien, ce sont environ 100 000 hectares de plantations qui sont concernés par cette opération qui coûtera 21 milliards de F CFA (32 millions d’euro) sur les trois prochaines années. Mais ces efforts ne concernent que le tiers des plantations ivoiriennes atteintes par le virus. « Arracher ne suffit pas. Il faudra aussi renouveler le verger. Les plantations sont très vieilles et cela impacte leur rendement », a confié Yves Brahima Koné, le patron du CCC.

Pour lutter contre le swollen shoot, les deux pays ont notamment obtenu un financement de 600 millions de dollars de la Banque africaine de développement (BAD). Les fonds récoltés permettront aussi de dédommager les paysans qui verront leurs plantations détruites en attendant la distribution de nouveaux plants. Les centres de recherche agronomiques des deux États seront également mis à contribution pour tâcher de trouver des solutions durables aux problèmes de la cacaoculture.

La Côte d’Ivoire, avec 2 millions de tonnes de récolte et le Ghana, qui totalise avec plus de 850 000 tonnes, sont les deux premiers producteurs mondiaux de fèves de cacao en fournissant plus de 65 % de l’offre mondiale. Dans le cadre de l’accord du 13 juin, les deux organisations cacaoyères ont décidé d’annoncer concomitamment le prix bord champ du cacao pour la campagne 2018-2019 qui s’ouvre en octobre.

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