Attendre 7 jours entre les plaquettes de pilule est finalement inutile : faut-il blâmer le Pape ?

La pause de 7 jours entre les plaquettes est inutile, et même contre-productive, affirment des experts britanniques. Mais alors, d’où vient cette semaine de pause respectée depuis 60 ans par plus d’un tiers des Françaises ?

A quoi sert la pause obligatoire entre les plaquettes de la majorité des pilules contraceptives ? Selon la plupart des sources, ce serait pour la tranquillité d’esprit des femmes. Mais pour le Pr John Guillebaud, professeur spécialisé dans le planning familial et la reproduction à l’University college de Londres, cette pause aurait été conçue dans l’espoir “que le Pape accepterait la pilule et la rendrait acceptable pour les catholiques”, d’après une déclaration dans le journal britannique The Telegraph. Une affirmation qui fait des remous, au moment même où la Faculté de Santé Sexuelle et Reproductive (FSRH), société savante anglaise, émet un rapport concluant à l’inutilité, et même à la contre-productivité de la pause observée entre deux plaquettes de pilules. Le désaveu de l’église catholique “Le gynécologue John Rock a conçu la pause de 7 jours parce qu’il espérait que le Pape accepterait la pilule et la rendrait acceptable pour les catholiques”, a déclaré le Pr John Guillebaud au Telegraph. En effet, à l’époque où il a contribué à développer la première version de la pilule, le Dr John Rock était un fervent catholique. Dans un livre publié en 1963, il a d’ailleurs tenté de faire valoir l’idée que la pilule était compatible avec les valeurs de l’église, puisqu’elle respectait le cycle menstruel naturel des femmes, avec l’aide d’hormones naturellement produites par elles en temps normal.

A la suite de la publication de ce livre demandant aux autorités catholiques d’approuver la pilule au même titre que l’abstinence lors des mois les plus fertiles, l’Église s’est réunie en 1965. Un comité de 51 membres fut formé, comprenant 20 théologiens, 19 démographes, sociologues et économistes, 12 médecins et trois couples (français, américain et canadien). Les laïcs étant majoritaires, la commission rend un avis en faveur de l’acceptation de la pilule par la religion. Soumis à l’avis final des théologiens seuls, la conclusion en 1966 est finalement en faveur également de la contraception, dont “il appartient (aux couples) de décider ensemble” la méthode. Mais après deux ans de silence, le Pape Paul VI publia en 1968 son encyclique Humanae vitae, qui réaffirmait la désapprobation de l’église catholique face à la contraception : “Est (…) à exclure, comme le Magistère de L’Église l’a plusieurs fois déclaré, la stérilisation directe, qu’elle soit perpétuelle ou temporaire, tant chez l’homme que chez la femme”.

 

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