Alternance en Afrique : l’incongruité d’Alpha Condé

« On ne fait pas de l’alternance pour l’alternance. On fait de l’alternance lorsque les peuples le veulent. Pourquoi voulez-vous qu’il y ait l’alternance quand un président gère bien son pays avec l’accord de son peuple ? Quand il y a un bilan négatif ou bien quarante années au pouvoir sans résultat que l’on peut parler de nécessité d’alternance. »

Là, Alpha Condé se plante grave. Il est face à une incongruité sans nom. Il veut le beurre et l’argent du beurre. En effet, en relevant les incohérences d’Alpha Condé, il y a lieu de lui rappeler que dès l’instant les pays disposent de leur Constitution, les peuples se sont de facto prononcés sur la nature, la périodicité et le genre d’alternance qu’ils veulent. C’est pourquoi dès que ces mêmes peuples se lèvent pour exiger le départ d’un Président qui est allé au-delà des dispositions constitutionnelles, ces peuples doivent être encouragés et le président mis en cause jeté par-dessus bord.

Qu’il soit opposant historique revendiquant 40 ou 50 ans de lutte pour la démocratie ou qu’il soit pionnier de la lutte pour l’indépendance ou autre.  Le bilan d’un président venu au pouvoir pour travailler est vite ressenti. Que ce président hérite d’un pays ou d’un Etat, les toutes premières sensations sont enregistrées dès les premières heures de l’investiture. Ce qui se traduit notamment sur le terrain par la réalisation des promesses électorales. Ce pourquoi le peuple a voté.

Pour son cas, Alpha Condé a raté le coche : autosuffisance alimentaire, infrastructures routières, fourniture d’eau et d’électricité, un étudiant-une tablette, autonomisation des femmes, etc. Un président n’a pas besoin de 40 ans de pouvoir pour prouver sa réelle volonté de développer un pays pour lequel il élu au suffrage universel. Le cas ivoirien est illustratif.

Alpha Condé peine à convaincre avec son histoire d’alternance. Il peine à convaincre de son bilan, de la restauration de l’autorité de l’Etat, etc. A-t-il vraiment besoin de 15 ans pour « respecter et faire respecter la Constitution » ?  Les Guinéens pour leur part, trouvent la nécessité d’alternance, parce que la désillusion est là, patente, honteuse. Pour l’instant, ils attendent 2020, au risque de tirer sur l’ambulance.

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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