Alpha Condé ou ‘’Le laboureur et ses enfants’’

L’image n’est pas fortuite. Elle est bien plus que saisissante. Alpha Condé, à l’orée de la fin de son mandat, le second et dernier semble s’inspirer du ‘’Le laboureur et ses enfants’’ de Jean de La Fontaine, poète français de la période classique dont l’histoire littéraire retient essentiellement les Fables.

Comme ‘’Le laboureur et ses enfants’’, le locataire de Sékhoutouréya, en guise de prémonition et sentant la mort prochaine du parti au pouvoir – le Rassemblement du Peuple de Guinée (RPG) – a fait venir les militants du parti au siège à Gbessia pour leur parler… avec témoins. Et pas des moindres. Il s’agit de Baidy Aribot, resté jusque-là au retrait des manifestations politiques. A travers lui, Sydia Touré, celui-là même qui a bénéficié d’une visite de courtoisie du Président. Il s’agit également de Bah Ousmane, le leader de l’UPR. Ces témoins insolites ont suivi ce qui est convenu d’appeler mise en scène solennelle et intimiste.

Septuagénaire très avancé, Alpha Condé sait ce qu’il fait : un hymne à la (sur)vie du RPG. Il le fredonne dans un récit parabolique. Extrait : « Il faut que tout le monde se lève pour écouter tout le monde afin de faire renaître le parti comme il l’était hier. Aujourd’hui, il faut qu’on se dise la vérité, le parti est tombé. Lors des élections locales, j’ai dit la vérité à votre bureau politique. Je lui ai dit que le chemin qu’il veut emprunter n’était pas le bon (…) mais, on ne m’a pas écouté. Il faut qu’on donne de la force à notre parti. Abandonnons les copinages et l’affinité, regardons le parti. »

A bien lire entre les lignes de cette déclaration d’Alpha Condé, on se rend compte qu’il rejoint Ousmane Kaba. Celui-là même qu’on traîne à tort ou à raison dans la boue : « Dans notre histoire, aucun parti n’a donné deux présidents. Le premier parti que la Guinée a connu c’est le PDG du feu Ahmed Sekou Toure, mais quand tu regardes aujourd’hui le PDG tu seras étonné. Ça c’est distant, prenons le PUP, aujourd’hui il n’y a aucun député du PUP à l’Assemblée. Cela veut dire que dans notre pays un président qui part, va avec son parti. (…) Faisons attention, rentrons ensemble, montons ensemble et que chacun garde son parti. » Si c’est une fable, autant l’assimiler. Et si c’est une Fontaine elle a bien inspiré Alpha Condé. Comprendront ceux qui le voudront !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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