Fin de la crise syndicale: les dessous d’une honte bue !

Rebelle, surexcité, etc., il a manqué à Alpha Condé des superlatifs pour qualifier Aboubacar Soumah, celui par qui le système éducatif a été paralysé pendant un mois. Première victime de l’épreuve de force : les médias. Alpha Condé leur a interdit de donner la parole au syndicaliste, au risque de s‘exposer au courroux du pouvoir.

Persécuté à l’interne même du SLECG, voué au gémonies par le ministre du Travail et celui du Pré universitaire, entre autres,   assimilé à un militant de l’UFDG, intimidé par des corps habillés, victime d’enlèvement, etc., le camarade Soumah dont le salaire a été bloqué n’a jamais cédé. Il s’est vite prêté à la guerre d’usure du pouvoir. Celui-ci, estimant qu’à terme et de guerre lasse, le meneur de la grève va succomber.

Le camarade a fait mentir à tous les pronostiqueurs. Soutenu par une base à conviction, Soumah a tenu bon. Même en politisant son mouvement à travers des déclarations fortuites de Damantang et de sa meute de communicants à la solde du RPG.  Le syndicaliste est resté imperturbable. Avec ou sans légitimité ou de légalité.

Celui qui le haïssait et le faisait savoir c’est celui-là même qui l’a invité avec toute l’équipe. Occasion pour l’ennemi à abattre de mettre à nue toute l’instrumentalisation qui a entouré son mouvement. On voyait sur le visage du président, la peine d’avoir des ministres menteurs, des ministres manipulateurs. Pas grand-chose à l’issue de cette rencontre au Palais présidentiel.

L’aura du président, même son dîner n’aura pas ému le syndicaliste. Et c’est de là que le président a compris que s’il ferme la porte, il risque de sortir par la fenêtre. D’où la mise en place urgente d’une commission constituée de Tibou et Cie. Les choses tardaient à trouver une issue jusqu’à ce lundi où Kaloum s’est fâché jusqu’à la porte du palais présidentiel. Grosse frayeur pour le locataire. Illico dardar, il glisse à l’oreille des négociateurs : essayer de rester dur.

Sauf que la réalité est tout autre : les 30% restants seront payés à la fin mars 2018 avec effet rétroactif à compter du 1er janvier 2018 pour les enseignants en activité. Novembre et décembre 2017 pour les retraités. A cela s’ajoute l’ouverture d’un couloir de négociations du 02 au 25 mai 2018 sur le point concernant la fixation du salaire de base des enseignants à huit millions de francs guinéens. Le président a été contraint de se plier, malgré son arrogance et son mépris du départ.

En toute honte bue, avec la gueule de bois, il s’efforce à afficher un sourire jaune. Il aura donc pu épargner aux élèves un mois de congé forcé avec des dégâts humains et matériels. Mais, avec Alpha Condé, seule la logique de la rue peut avoir raison de lui. Autant en user et en abuser. Sans modération.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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