Aboubacar Sylla (UFC) : la constance à rude épreuve

Il réclame une certaine constance politique, notamment au sein de l’opposition républicaine. Aujourd’hui devenu membre à part entière du gouvernement Don Kass, Aboubacar Sylla, président de l’Union des forces du changement (UFC) met cette constance à rude épreuve. Le camp qu’il sur lequel il tirait est devenu le sien et l’autre, une bête à abattre.

Il s’était déjà déployé pour tenter l’expérience en s’attaquant ouvertement à l’opposition républicaine avant de sauter par-dessus bord du bateau. L’exercice s’est révélé payant, bien que le secret connu pour devenir ministre d’Alpha Condé.  « Si nous avons quitté l’opposition républicaine, c’est parce qu’on n’était pas d’accord sur les stratégies. On était peut-être d’accord sur l’objectif, mais on n’était pas d’accord sur les stratégies adoptées. Nous nous sommes toujours battus et nous avons fait nos preuves. J’ai été le plus constant. J’ai été le plus engagé dans cette opposition. Il n’y a pas une seule marche à laquelle je n’ai pas participé quand j’y étais. Tous les leaders de l’opposition ont manqué certaines manifestations parce qu’ils étaient à l’étranger. Quand d’autres voyageaient tous les mois, pour ne pas dire toutes les 2 semaines, moi j’étais là, j’ai participé à toutes les manifestations, à toutes les conférences de presse et à toutes les rencontres avec la communauté internationale », s’est récemment lâché l’ancien porte-parole de l’opposition républicaine. Et de lâcher le mot qui plait bien à Alpha Condé : « Pendant 7 ans, on a fait la même chose, en train de tourner à rond. Je leur ai dit qu’il est temps de réfléchir, de faire une pause, de trouver de nouvelles méthodes ».

La posture-là aura été payante. Mais la constance revendiquée sans cesse risque de prendre un coup. De toutes les façons, l’UFC s’est mis le doigt dans l’œil en appartenant mais aussi en étant comptable à un régime finissant au résultat désastreux. En sa qualité de porte-parole du gouvernement, en lieu et place de Damantang Camara, Sylla fait sa mue. Avec elle, toute une posture d’homme d’Etat s’écroule. Il avait tout de même le choix : continuer à voir les 500 millions GNF partagés entre leaders de la dernière heure par le truchement de Dalein et faire un saut dans le gouvernement Condé et prendre sa part. Le second choix a dominé. Quitte à lapider les anciens pairs.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

 

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